L’attrape-rêves est un objet artisanal issu de la médecine chamanique qui se veut apaisant et décoratif. De plus en plus tendance, cette suspension d’origine autochtone fait écho à plusieurs légendes amérindiennes. Mais quelles sont donc les origines de cette tradition spirituelle?

Le capteur de rêves/l’attrape-rêves , c’est quoi au juste ?

Cet objet, à valeur régénératrice, est composé d’un cerceau et d’un réseau de fils en forme de toile d’araignée.Selon les croyances, il empêche les cauchemars d’envahir le sommeil du rêveur et agit comme un filtre . Il conserve les belles images de la nuit tout en faisant disparaître les mauvaises , brûlées par le soleil aux premières lueurs. 

attrape rêve

Les origines : un objet artisanal “ojibwé” 

Mais d’où vient-il ? Les origines géographiques nous ramènent dans la région des Grands Lacs et des prairies du Canada.Plus précisément, nous savons que c’est la nation des Ojibwés qui serait à l’origine de cet objet , qui était initialement destiné aux enfants.
Les Ojibwés forment la troisième grande nation amérindienne après les Cherokee et les Navajos. Ils étaient principalement pêcheurs, cultivateurs et chasseurs.

Deux légendes , parmi les plus répandues, seraient à l’origine des attrape-rêves

L’araignée protectrice

La première légende raconte qu’autrefois, une femme araignée protectrice, nommée Asibikkashi ,veillait sur les rêves des enfants en tissant les toiles sur les berceaux des enfants permettant de capturer les premiers rayons du soleil pour disperser leurs cauchemars. Mais quand la tribu des Ojibwés se mit à explorer d’autres terres, elle ne pouvait plus, à elle seule, continuer de tisser les protections des rêves des enfants. C’est ainsi qu’elle commença à apprendre l’art du tissage aux femmes du clan afin de continuer sa mission spirituelle. La fabrication était faite à l’aide de fibres végétales ou animales pour la toile et d’un cerceau de bois pour le cercle. 

 Lakoma et le Grand Esprit

Un jour, Lakoma, vieux chef indien de la tribu Lakota, eut une vision au sommet d’une montagne. Sous la forme d’une araignée, l’esprit farceur d’Iktomi lui apparut. C’est ainsi qu’il se mit à lui décrire les cycles de la vie. Tout en tissant sa toile dans le cerceau en saule du chef orné de poils de chevaux , de plumes d’aigle et de perles , Iktomi enseigna au chef les différentes forces positives et négatives qui tantôt poussent l’Homme vers la bonne direction tantôt le font souffrir. Les forces influencent tout homme dans sa relation avec la nature. Quand il eut terminé son discours, l’araignée fit cadeau du cercle, le premier attrape-rêves,au chef Lakota. La toile aurait pour fonction de dissocier les bonnes pensées des mauvaises et ainsi permettre aux Hommes de prendre en main le “fil” de leur destinée.

Attrape rêve - Origines et mythes
Attrape-rêves « Le Maya »

Des symboles à haute teneur spirituelle

  • Le cerceau

Il représente le cercle de la vie dans la pensée amérindienne. Il rappelle également les légendes huronnes et l’universalité . 

  • L’araignée

Les fils représentent les rêves que nous tissons durant notre phase de sommeil, et les accroches ( au nombre de huit) rappellent les 8 pattes de l’araignée.

  • La plume 

Généralement, ce sont des plumes d’aigle, animal vénéré dans la culture chamane . Elles ont une haute valeur de protection. Les rêves sont envoyés dans les plumes qui nous les transmettent ensuite à l’esprit . Le “Grand Esprit”, divinité céleste, avait pour habitude d’offrir ces rémiges en s’immisçant dans la vie des nomades amérindiens.

  • Le trou 

Le trou au centre du cercle fait allusion au grand mystère de la vie.C’est par ce trou que les bons rêves passent , les autres sont pris dans la toile. 

Les cercles représentent le cycle de la vie.

L’attrape-rêves et ses connotations dans la société d’aujourd’hui

Aujourd’hui, chacun interprète à sa façon le sens d’un attrape-rêves . On le considère aussi comme « porte-bonheur ».

Dans les années 1960, les Ojibwés ont commencé à commercialiser ces objets et ont reçu de nombreuses critiques venant de leur propre clan. Pour cette culture profondément attachée à ses légendes et mythes, la démocratisation de cette tradition est vouée à un détachement des croyances. De ce fait, l’essence divine de la pensée amérindienne est perdue au profit d’un simple objet de décoration. 

Objet en vogue, il s’immisce partout dans notre quotidien. Dans notre chambre, au-dessus de notre lit, suspendu à l’entrée de nos maisons mais aussi de nos rétroviseurs de voitures. 

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